Quelques remarques sommaires relatives aux propriétés aérodynamiques de l'addition
Dans toutes les tentatives faites jusqu'à nos jours pour démontrer que 2 + 2 = 4, il n'a jamais été tenu compte de la vitesse du vent.
L'addition des nombres entiers n'est en effet possible que par un temps assez calme pour que, une fois posé le premier 2, il reste en place jusqu'à ce que l'on puisse poser ensuite la petite croix, puis le second 2, puis le petit mur sur lequel on s'assoit pour réfléchir et enfin le résultat. Le vent peut ensuite souffler, deux et deux ont fait quatre.
Que le vent commence à s'élever, et voilà le premier nombre par terre. Que l'on s'obstine, il en advient de même alors du second. Quelle est alors la valeur de 2 + 2 ? Les mathématiques actuelles ne sont pas en mesure de nous répondre.
Que le vent fasse rage, alors le premier chiffre s'envole, puis la petite croix, et ainsi de suite. Mais supposons qu'il tombe après la disparition de la petite croix, alors on pourrait être amené à écrire l'absurdité 2 = 4.
Le vent n'emporte pas seulement, il appote aussi. L'unité, nombre particulièrement léger et qu'une brise suffit à déplacer, peut ainsi retomber dans une addition où il n'a que faire, à l'insu même du calculateur.C'est ce dont avait eu l'intention le mathématicien russe Dostoïevski lorsqu'il a osé déclarer qu'il avait un faible pour 2 + 2 = 5.
Les règles de la numération décimale prouvent également que les Hindous ont dû probablement se formuler plus ou moins inconsciemment notre axiome. Le zéro roule avec facilité, il estsensible au moindre souffle. Aussi n'en tient-on pas compte lorsqu'il est placé à gauche d'un nombre : 02 = 2, car le zéro fout toujours le camp avant la fin de l'opération. Il ne devient significatif qu'à droite, car alors les chiffres précédents peuvent le retenir et l'empêcher de s'envoler. Aussi a-t-on 20 différent de 2, tant que le vent ne dépasse pas quelques mètres à la seconde.
Nous tirerons maintenant quelques conséquences pratiques de ces considérations ; dès que l'on craint les perturbations atmosphériques, il est bon de donner à son addition une forme aérodynamique. Il est conseillé également de l'écrire de droite à gauche et de commencer le plus près possible du bord de la feuille de papier. Si le vent fait glisser l'opération en cours on peut, presque toujours, la rattraper avant qu'elle n'atteigne la marge. On obtiendra ainsi, même avec une tempête d'équinoxe, des résultats comme celui-ci:
2 + 2 = 5.
